Un modèle pour faire surgir l’ordre du chaos

Un modèle expérimental pour l'étude du mouvement collectif auto-organisé est décrit dans la revue Nature de cette semaine.

Au-dessus d'une certaine densité, les filaments d'actine 
s'auto-organisent pour former des structures plus complexes et bien plus
 grandes. Volker Schaller, Christoph Weber, Christine Semmrich, Erwin 
Frey & Andreas R Bausch 

Des nuées d'oiseaux, aux colonies de micro-organismes en passant par la construction dynamique des cellules (le cytosquelette) : tous ces systèmes utilisent des unités ou des nanomoteurs naturels qui interagissent pour former un mouvement cohérent à plus grande échelle.




Les similitudes dans le comportement de ces systèmes actifs suggèrent que des principes universels sont à l’origine de l’apparition de cette cohérence mais il n'y a pas encore de compréhension approfondie de la façon dont les structures ordonnées émergent.
En effet, l’étude de ces phénomènes est complexe et nécessite des modèles expérimentaux simples où les idées théoriques peuvent être testées. Jusqu’à présent de tels modèles faisaient défaut.

Un obstacle qui est en passe d’être levé grâce à Andreas Bausch, de la Technical University, à Munich, en Allemagne. Lui et ses collègues ont mis au point un système expérimental pouvant être utilisé pour comprendre les liens entre les interactions locales et le mouvement collectif.
Le système qui comprend des filaments de protéine, l'actine, propulsés par des protéines motrices est simple mais affiche néanmoins une richesse de comportements qui promettent de fournir un éclairage nouveau sur l'émergence de l'ordre à grande échelle à partir des interactions locales.
 Lorsque la concentration des filaments d'actine dépasse une valeur critique, ils s'auto-organisent pour former de manière cohérente des structures qui peuvent être beaucoup plus grandes que les filaments eux-mêmes.

En combinant les observations avec des simulations informatiques, les auteurs identifient les mécanismes qui sous-tendent la formation et la décomposition de la répartition observée. La simplicité du système, sa contrôlabilité et son potentiel pour l’étude d’interactions plus complexes devrait en faire un outil précieux pour l'étude ultérieure des systèmes actifs.

J.I.
Sciencesetavenir.fr

01/09/2010

Tempêtes tropicales

Le satellite Tara de la Nasa a photographié au-dessus du Pacifique l'image de trois tempêtes simultanées.




Une équipe internationale de chercheurs  a annoncé, dans un article paru dans la revue Nature Genetics, être parvenue à séquencer une partie du génome du pommier domestique, Malus x domestica. La disponibilité d'une séquence du génome de la pomme permettra aux scientifiques de déceler plus rapidement les gènes qui fournissent des caractéristiques souhaitables du fruit et les  variants génétiques à l’origine de maladies. Cette information peut être utilisée pour améliorer rapidement les plantes par élevage sélectif.



J.I.
Sciences et Avenir.fr
01/09/2010

Glacier de Tête Rousse : les 40.000 m3 d'eau manquants

La poche d’eau découverte dans le glacier de Tête Rousse, en Haute Savoie, est en cours de pompage. Cependant la cavité forée ne contient pas toute l’eau détectée par les chercheurs. Les explications du glaciologue Christian Vincent.

Photo prise en juillet 1892 montrant le trou laissé par l'effondrement du plafond de la cavité supérieure. (AFP) 
Sur le glacier de Tête Rousse, en Haute Savoie, le pompage de la poche d’eau subglaciaire est en cours depuis une semaine, à 3.200 mètres d’altitude. L’objectif est de prévenir le risque d’une vidange brutale de cette poche, qui menace 900 habitations en contrebas. Christian Vincent, chercheur au Laboratoire de glaciologie et géophysique de Grenoble (LGGE, CNRS/Université J. Fourier), a conduit les études sur ce glacier. Il répond aux questions de Sciences et Avenir.fr.

Sciences et avenir.fr : Comment va réagir le glacier aux opérations de pompage de la poche d’eau?
Christian Vincent
 : La cavité que nous avons identifiée grâce aux forages mesure environ 40 mètres de large à sa base, et 29 mètres au plus haut, ce n’est pas énorme par rapport à l’ensemble du glacier. Et au-dessus il y a 40 m de glace. A priori il n’y a donc pas de risque d’affaissement du glacier. Cependant nous prenons toutes les précautions: nous descendons ce mercredi un sonar dans le trou de forage pour surveiller l’évolution des contraintes mécaniques au fur et à mesure que l’eau est remplacée par l’air. Nous avons aussi en surface un équipement comparable à ce qui est utilisé pour surveiller les barrages : nous pouvons  ainsi calculer les mouvements du glacier avec une précision de 5 mm.




Y a-t-il une seule cavité ou plusieurs sous le glacier?
Lors de la prospection, nous avons détecté la présence de 65.000 m
3 d’eau [grâce à la résonance magnétique des protons, ndlr]. Cependant avec les forages nous n’avons découvert qu’une seule cavité, d’une contenance de 25.000m3 environ. Il manque donc 40.000 m3 qui sont dans doute répartis ailleurs dans le glacier. L’eau peut être dans d’autres cavités ou dans des chenaux intraglaciaires. Elle peut aussi être piégée dans des sédiments sous-glaciaires (éboulis gorgés d’eau situés sous le glacier). Dans ce dernier cas elle ne pose pas le même risque qu’une poche. On espère cependant réussir à pomper toute l’eau.

Est-il fréquent de trouver des cavités sous les glaciers?
Dans les glaciers tempérés (à 0°C) avec un mouvement rapide, il existe souvent des cavités sous glaciaires à l’aval des bosses du socle rocheux. Pour les glaciers très lents comme celui de Tête Rousse, ce n’est pas le cas car la glace flue et bouche les interstices. Dans le cas présent, l’eau des fontes et des précipitations -qui s’infiltre à travers les fissures dans la partie amont- se trouve bloquée par une langue de glace froide à -2°C et donc étanche, collée au socle rocheux. Ne pouvant s’écouler, sous l’effet de la pression, l’eau a déformé la glace et créé cette cavité.


Comment s’est formée cette langue de glace très froide ?
Depuis environ 30 ans, nous observons une diminution du manteau neigeux sur les glaciers de cette région. Cette fonte du manteau neigeux -qui joue un rôle isolant- entraîne un refroidissement de la langue du glacier. C’est un effet paradoxal du réchauffement climatique. Le glacier de Tête Rousse est situé sur une sorte de contrefort et ses versants ne sont pas englacés : le froid pénètre donc plus facilement. On observe aujourd’hui que le glacier est divisé en deux parties : il est à 0°C dans sa partie amont mais -2 à -2,5°C en aval, là où s’est formée la langue de glace étanche qui a piégé l’eau.


Recherche personnalisée

Le même mécanisme peut-il expliquer la formation de la précédente poche, celle qui s’est vidangée brutalement en 1892 ?
Non, c’est sans doute un phénomène différent qui s’est produit. En 1892 il y avait deux cavités reliées entre elles, une inférieure et une supérieure. Cette cavité supérieure était très près de la surface, à 5 ou 10 mètres. A l’époque les ingénieurs des eaux et forêts qui ont analysé la situation après le désastre ont supposé que le plafond de la cavité supérieure s’était écroulé, provoquant une suppression de l’eau, qui aurait ensuite fait sauter le «bouchon». Nous pensons aujourd’hui que cela s’est passé différemment. Un lac s’est formé sur le glacier entre 1860 et 1878. Suite à une période de forte accumulation neigeuse, ce lac a été recouvert de neige formant en 1892 une couche de névé ou de glace de 5 à 10 m qui reposait sur l’eau. C’est ainsi que s’est formée la cavité supérieure. La cavité inférieure elle, s’est formée plus en aval, plus près du socle rocheux. Suite à la rupture de la langue frontale sous l’effet de la pression de l’eau, ces cavités se sont brutalement vidangées et le plafond de la cavité supérieure s’est effondré.

Propos recueillis par Cécile Dumas Sciences et Avenir.fr 01/09/10

Une prévention possible contre le cancer du poumon

Un médicament utilisé dans le traitement du diabète pourrait prévenir l’apparition des tumeurs pulmonaires chez les anciens fumeurs.

Le tabac est responsable de 90% des décès par cancer du poumon. Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA  

Près de 90% des décès causés par le cancer du poumon sont dus au tabagisme. Si l’arrêt du tabac constitue la meilleure prévention possible,  « plus de la moitié des cas de cancer du poumon sont diagnostiqués chez d’anciens fumeurs » explique le Dr Philip Dennis, chercheur à à l’Institut national du cancer, à Philadelphie, E.U.

Face à ce risque, la médecine reste jusqu’à ce jour bien dépourvue. Un médicament d’usage courant dans le traitement du diabète pourrait pourtant changer la donne. La metformine (commercialisée en France sous divers noms : glucophage, stagid, avandamet …) a en effet significativement réduit le nombre de tumeurs pulmonaires chez des souris exposées à une nitrosamine dérivée de la nicotine appelée NNK, la substance cancérogène la plus courante contenue dans le tabac.

Sous la direction de Philip Dennis, les chercheurs ont administré de la metformine à des souris, oralement ou par injection. Celles ayant reçu un traitement oral présentaient entre 40 et 50 pour cent moins de tumeurs, alors que celles ayant reçu une injection présentaient 72 pour cent moins de tumeurs. Des détails de cette étude seront publiés dans le numéro de septembre de Cancer Prevention Research, une publication de l’Association américaine de recherche sur le cancer.
Devant ces résultats plutôt encourageants, les chercheurs envisagent maintenant des essais cliniques pour déterminer si ce composé pourrait être utilisé comme agent de chimioprévention efficace pour les fumeurs présentant un risque élevé de développer un cancer du poumon.

La metformine a déjà démontré qu’elle activait une enzyme, appelée protéine kinase activée par les peptides antimicrobiens, connue pour inhiber la protéine mTOR, qui régule la croissance et la survie cellulaires dans les tumeurs pulmonaires induites par une substance cancérogène.
J.I.
Sciencesetavenir.fr

30/08/2010

LHC : une clé pour le futur !

C’est la machine la plus complexe conçue et réalisée dans toute l’histoire de l’humanité. Le Large Hadron Collider, ou LHC, va recréer les conditions de la naissance de l’Univers et partir à la recherche de la mystérieuse matière noire et peut-être nous révéler des dimensions spatiales supplémentaires. En plus de changer radicalement notre vision du monde et de la place que nous y occupons, il pourrait changer notre vie par l’intermédiaire de la bio-informatique. Nous vous proposons une petite visite de l’une des cathédrales de l’esprit humain grâce à ce dossier...
 
« Nous vivons encore dans l’enfance de l’espèce humaine, tous les horizons que sont la biologie moléculaire, l’ADN, la cosmologie commencent juste à s’ouvrir. Nous sommes juste des enfants à la recherche de réponses et à mesure que s’étend l’île de la connaissance, grandissent aussi les rivages de notre ignorance. Sûrement un jour, on peut l’espérer, nous saisirons l’idée centrale derrière toute chose. Elle sera si simple, si belle, si convaincante que nous nous dirons alors Oh, comment cela aurait-il pu être autrement ! Comment avons-nous fait pour rester aveugle aussi longtemps !" » John Wheeler (1911-2008).

La circulation des faisceaux de protons le 10 septembre 2008 à l’intérieur des 27 kilomètres de tube sous ultravide du LHC, le Large Hadron Collider ou Grand Collisionneur de Hadrons, est l’aboutissement de l’un des grands projets de l’humanité dont l’envergure ne peut se comparer qu’avec le projet Apollo. Comme ce dernier, l’aventure qui commencera lorsque les collisions de protons recréeront les conditions qui régnaient dans l’Univers observable moins d’un milliardième de seconde après sa « naissance », promet non seulement de changer notre vision du monde mais aussi de catalyser de nouveaux bonds technologiques, comme ce fut le cas avec l’électronique et l’informatique lors de la course à la Lune.

Cliquez pour agrandir. Une vue aérienne du LHC avec la localisation des différentes expériences comme ATLAS,ALICE,LHCb et CMS. Crédit : Cern
Retrouver l’Unité du monde qui doit se cacher, les physiciens en sont convaincus, derrière les phénomènes, telle est leur ambition. Elle prend ses racines dans les spéculations des philosophes ioniens et surtout des Eléates de la Grèce Antique, mais on peut la trouver aussi dans celles des philosophes indiens, comme en témoigne par exemple, l’Isha Upanishad. Toutes les spéculations du monde ne valent rien si elles ne sont pas confrontées à l’expérience, et c’est pourquoi le LHC a été construit. Il va nous permettre de tester nos théories sur le monde de l’infiniment petit mais aussi de l’infiniment grand car l’un et l’autre sont intimement liés, comme la cosmologie et la toute jeune discipline des astroparticules le montrent de plus en plus. Avec la fournaise dépassant les 2.000 milliards de degrés que les physiciens vont produire lors des collisions de protons, ils espèrent apprendre les secrets de la matière noire qui domine le monde des galaxies et même, peut-être, découvrir si des mondes parallèles peuvent exister, comme le suggère la très spéculative théorie des cordes.

L'infiniment grand et l'infiniment petit avec quelques uns des outils nécessaires pour les explorer. Crédit : Cern
Il existe un troisième infini, celui de la complexité, qui n’est pas séparable des deux premiers et que la science et la technologie découlant du LHC permettra d’explorer. Les secrets de l’Univers, que l’on espère découvrir avec les détecteurs de particules géants du LHC, nécessitent en effet un réseau de plus de 10.000 ordinateursplanète : c’est la grille. Les biologistes l’emploient déjà pour mieux comprendre le génome humain et concevoir de nouveaux médicaments. interconnectés sur la

Ce dossier a donc pour but de faire un peu mieux connaissance avec les enjeux de la physique du XXIièmeLarge Hadron Collider. siècle et avec l’outil qui devrait la révolutionner : le Large Hadron Collider.
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Traitement des déchets nucléaires : quel avenir ?

Le traitement des déchets ne cesse d'évoluer. En particulier concernant les déchets de l’industrie nucléaire, qui sont spécifiques à bien des égards : leur toxicité diminue avec le temps, et leur diversité nécessite des méthodes de conditionnement adaptées aux volumes et à leur nocivité. Par chance, les plus dangereux sont aussi les moins nombreux.

Comme dans toute filière en essor, des procédés éprouvés sont mis en œuvre à l’échelle industrielle pour le traitement des déchets nucléaires – c’est le cas de la vitrification, de la cimentation, du compactage et du bitumage - tandis que des recherches sont menées pour améliorer les performances des procédés actuels, et avec des échéances plus lointaines, résoudre des difficultés nécessitant des sauts technologiques majeurs, comme dans le cas de la transmutation des actinides par exemple.

 Le commencement de toutes les sciences, c’est l’étonnement de ce que les choses sont ce qu’elles sont. Aristote, Métaphysique.
Le but recherché par le conditionnement est celui de disposer d’objets faciles à manipuler, répondant à des normes strictes pour assurer leur tenue dans le temps et surtout garantir la non-dispersion des radioéléments. 

Les déchets primaires peuvent occuper tous les états de la matière (solide, liquide, gazeux) ; ils sont généralement très volumineux et les radioéléments peuvent être répartis de manière hétérogène au sein des matériaux. Le choix d’un procédé ne peut se faire qu’à partir d’une connaissance assez précise des caractéristiques du déchet brut. Quelle est sa nature physique, sa composition chimique et sa radioactivité, sa teneur en radioéléments à vie longue… ? 

Autant de questions à instruire avant de choisir la filière la plus adaptée. Par ailleurs, pour réduire la quantité de déchets qu’il faudra gérer sur le long terme, des traitements sont généralement utilisés. Ils consistent à réduire les volumes par incinération ou compactage ou encore décontaminer les matériaux dont les surfaces retiennent des poussières radioactives.
Le conditionnement conduit finalement à la fabrication de ce que l’on appelle un colis, objet constitué d’une matrice chargée de piéger les radioéléments et d’un conteneur qui permet, outre sa fonction d’écran double - il empêche l’intrusion d’eau et bloque les rayons alpha, bêta et une partie des rayons gamma – d’assurer une manutention aisée. 

Même s’il existe de nombreuses méthodes pour conditionner les déchets de l’industrie nucléaire et bien que les recherches se poursuivent pour diminuer les volumes, améliorer le confinement et réduire la nocivité de certains d’entre eux, le bilan actuel ne fait que justifier un peu plus l’intérêt que l’on porte au verre : 96 % des émetteurs bêta et gamma et 99,5 % des émetteurs alpha se retrouvent in fine dans le verre. Plusieurs pays ont choisi de vitrifier leurs déchets, mais le cas de la France reste unique de par les quantités produites et la maîtrise de la technologie. Sommes nous en avance sur notre temps, ou bien faisons-nous fausse route ? 

Ce dossier tente de comprendre les raisons qui ont motivé ce choix, nous fait découvrir les autres modes de traitement des déchets et se penche plus en détail sur le cas du verre, ce matériau de notre quotidien aux propriétés si particulières.

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Iter : la fusion nucléaire par confinement magnétique

L'humanité est confrontée à un défi grandissant : celui de la demande énergétique. Jusqu'à présent, la majorité de notre énergie est produite à partir de réserves fossiles : charbon, pétrole, gaz. Tôt ou tard, ces réserves viendront à disparaître. De plus, cet usage n'est pas sans conséquence sur l'environnement et le climat. 

Il est donc nécessaire de recourir à des sources d'énergies non-fossiles. Or, le nombre des candidats est relativement limité : les énergies renouvelables, la fission nucléaire et la fusion nucléaire. Actuellement, aucun dispositif n'est en mesure de produire de l'énergie en contrôlant les réactions de fusion nucléaire. Les recherches se poursuivent car  la fusion possède de nombreux avantages en terme de potentiel énergétique, de ressources, de risques environnementaux ou de sécurité.
projet iter
Intérieur de l'enceinte du tokamak Tore Supra en 2002. Tore Supra est un tokamak supraconducteur, en exploitation depuis 1988 à Cadarache (Bouches du Rhône)
La maîtrise des réactions de fusion nucléaire permettrait d'apporter une réponse supplémentaire aux besoins énergétiques à venir, en permettant d'utiliser un combustible abondant, en produisant peu de déchets et sans risque de prolifération. Toutefois, les conditions nécessaires pour amorcer la fusion de noyaux atomiques, un processus à l'œuvre depuis des milliards d'années au cœur du soleil, sont extrêmes et difficiles à reproduire sur Terre. 

Depuis la découverte de la fusion, de nombreux projets ont été réalisés pour maitriser cette énergie à des fins pacifiques. Nous verrons quelles sont les méthodes et les résultats obtenus au fil des cinquante dernières années. 
Enfin, nous terminerons par le réacteur expérimental Iter, actuellement en construction sur le site français de Cadarache, dont l'objectif est de démontrer la faisabilité technique de la fusion par confinement magnétique comme moyen de production d'énergie.
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La couleur et ses mystères

Nous vivons dans un monde en couleurs. La nature et le vivant nous émerveillent par la variété des effets colorés qu'ils offrent. L'art s'en est inspiré, la mode, et de nos jours, le marketing.  La couleur, si elle nous apparaît toujours comme naturelle, est devenue un enjeu économique avec le développement de matériaux et de produits jouant avec ses effets. Ce développement s'accompagne d'une activité de recherche importante. Enfin, en amont, la perception colorée, à travers le processus psychophysique qui est mis en œuvre, est l'objet d'intenses recherches.




Empereurs byzantins "nés dans la pourpre", rouge écarlate du manteau du Christ, fabuleux "pays de cocagne" où l'or bleu du pastel en coques assure indéfiniment la prospérité générale... La pourpre, le kermès et le pastel, trois teintes mythiques entre toutes, profondément inscrites dans le patrimoine culturel des civilisations méditerranéennes, ont été choisies comme exemples pour illustrer les acquis de recherches pluridisciplinaires récentes sur l'histoire et l'archéologie de la production des colorants.

Une exposition internationale a eu lieu au Musée des beaux-arts de Carcassonne (1999-2000) puis au Centre de documentació i Museu tèxtil de Terrassa, près de Barcelone (2000) sur le thème de l'importance culturelle et économique de colorants extraits du monde vivant.

Quartie de la Boca, Buenos Aires Argentine
C’est la rencontre avec un dossier du CNRS (CNRS Info 391) sur cette exposition et le « Traité de la couleur » (publication des Presses polytechniques et universitaires romandes  - 2001), ouvrage désormais incontournable, qui m’a incitée à vous proposer ce dossier sur les couleurs…..

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L'eau sèche en poudre : une substance qui a de l'avenir !

Au 240e colloque national de l’American Chemical Society , des chimistes britanniques ont présenté les derniers résultats sur un matériau bien singulier : l’eau sèche. Poudreuse, constituée de 95% d’eau, cette substance paraît prometteuse comme piège à CO2 et pour transporter des matières dangereuses.



 Ce n’est pas une blague de 1er avril, l’eau sèche existe bel et bien et elle a même été découverte une première fois en 1968 avant de l’être à nouveau en 2006 par des chercheurs britanniques de l’Université de Hull. 

Il s’agit en fait de minuscules gouttelettes d’eau enrobées de silice et qui se présentent comme une poudre ressemblant au sucre. Tout comme l’aérogel qui est constitué principalement d’air, l’eau sèche (dry water en anglais) contient 95% d’eau. On ne doit pas la confondre avec la glace sèche qui, elle, est du gaz carbonique solide. 

Andrew Cooper et Ben Carter de l’Université de Liverpool s’intéressent à ce produit depuis quelques années et cherchent à en explorer les diverses applications possibles. Après plusieurs publications sur le sujet, ils pensent que cette substance improbable devrait avoir un avenir brillant. 

Ils ont d’abord montré que l’eau sèche pouvait absorber une quantité non négligeable de méthane et donc servir à stocker et transporter du gaz naturel. Le méthane est en général transporté soit après refroidissement à -113 °C, soit sous une pression d’environ 500 bars. Mais il se combine à l’eau sèche à seulement -70°C. Il y a donc là un potentiel à creuser pour l’énergie du futur basée sur le gaz naturel, par exemple pour des véhicules utilisant ce carburant.

Puis les chimistes ont découvert que l’eau sèche pouvait stocker aussi du CO2, jusqu’à 3 fois plus que de l’eau ou de la silice normales. Pour eux, elle constituerait donc un bon moyen pour réaliser des puits à carbone afin de limiter le réchauffement climatique. On pourrait même piéger d’autres gaz gênants libérés par l’industrie. 




Enfin, l’eau sèche constituerait un excellent catalyseur pour certaines réactions chimiques, comme celle de la synthèse de l’acide succinique à partir d’un mélange d’hydrogène et d’acide maléique. Rappelons que l’acide succinique est une molécule plate-forme, ou building block, car elle sert de point de départ à de multiples réactions chimiques, conduisant à des substances ayant des applications variées. 

On la trouve ainsi impliquée dans la production des liquides antigel, fluides caloporteurs, solvants, pigments, polyesters, etc. Avec un marché estimé à plus de 2,5 milliards d’euros, on comprend donc l’intérêt de pouvoir améliorer sa fabrication et par conséquent l’importance que prendra probablement l’eau sèche dans un avenir proche.
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Construction de six cents éoliennes en mer : le plan français qui vaut dix milliards sera lancé en septembre

Déterminé à rattraper le retard de la France dans le domaine de l'éolien marin, le gouvernement va lancer en septembre un appel d'offres massif visant à construire quelque 600 éoliennes au large des côtes françaises. Un investissement de 10 milliards d'euros. Les côtes nordistes sont concernées.
Cet appel d'offres portera sur l'installation de 3 000 mégawatts (MW) d'énergie éolienne. « Au coût actuel de 3,5 millions d'euros par mégawatt installé, cela représente un programme d'investissements de 10 milliards d'euros », indique le ministère de l'Écologie et de l'Énergie.


Cap sur 6 000 MW

À l'horizon 2020, le gouvernement entend porter la puissance totale de l'énergie éolienne en mer à 6 000 MW, soit un investissement « de 15 à 20 milliards d'euros », si on prend en compte les réductions de coûts à venir.
Au total, c'est l'équivalent de la puissance de production de six réacteurs nucléaires qui sera installée au large des côtes françaises.
Le programme est ambitieux et à la mesure du retard français en terme d'éolien offshore.
Fin juin, on comptait 948 éoliennes marines en Europe, et aucune en France, qui dispose pourtant d'une immense façade maritime. 

Le ministère explique ce retard par la profondeur d'eaux plus importante dans l'océan Atlantique qu'en mer du Nord, ce qui oblige à construire les éoliennes plus près des côtes. La construction d'éoliennes entre ainsi plus facilement en conflit avec les activités touristiques ou la pêche en mer.
« On a en France un problème avec l'éolien en général : une partie de l'establishment y est très hostile », estime pour sa part Jean-Philippe Roudil, délégué général du syndicat des énergies renouvelables (SER). De fait, un précédent appel d'offres, lancé en 2004, n'a toujours pas eu de résultat concret.
Le seul projet retenu, celui de l'Allemand Enertrag au large de Veulettes-sur-Mer, en Seine-Maritime, est paralysé en raison de recours de riverains devant le tribunal administratif. De petite taille avec ses 105 MW de puissance, il ne devrait voir le jour au mieux qu'en 2011 ou 2012.




Pour le prochain appel d'offres, « on sent un changement d'échelle et l'envie de faire les choses plus sérieusement », estime Jean-Philippe Roudil.

Dix zones concernées

Concrètement, l'État va définir une dizaine de zones propices à l'implantation d'éoliennes : au large du Nord - Pas-de-Calais, de la Picardie, de la Normandie, de la Bretagne, des Pays-de-la-Loire et du Languedoc-Roussillon.
Les industriels candidats à l'appel d'offres devront déposer un projet comprenant un prix de revente à EDF de l'électricité produite. Celui-ci est actuellement fixé par arrêté ministériel à 130 euros/MWh. Trop bas pour assurer la rentabilité des projets, aux dires des industriels. Les premières éoliennes ne seront pas installées avant 2015. 

La Voix du Nord
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