Guidage satellitaire pour un supertanker dans l'Arctique

Un superpétrolier, le SCF Baltica [1], a emprunté pour la première fois la Route maritime du Nord (Sevmorpout), avec le concours de brise-glaces et en s'appuyant sur des prises de vue satellitaires. La compagnie Scanex a rapporté que du 14 au 27 août, le SCF Baltica, chargé de condensat de gaz, a effectué le trajet de Mourmansk au cap Dejnev, à la pointe extrême-orientale de la partie continentale de la Russie, avant de poursuivre sa route, via le détroit de Béring, dans le Pacifique. Le pétrolier a rallié son port de destination, Ninbo, en Chine, vers le 6-7 septembre. Durant la traversée des glaces, l'expédition était dirigée par les dirigeants des sociétés Sovkomflot (propriétaire du tanker) et Atomflot, respectivement Sergueï Frank et Viatcheslav Roukcha.

L'Arctique.

Le succès de cette première expérimentale via la Route maritime du Nord réalisée par un pétrolier géant revêt une grande importance pour l'intensification du transport de fret commercial entre la Russie, l'Europe et la Chine par ce tracé, et pour le développement économique de l'Arctique. Le gain de temps qu'autorise la Sevmorpout est de 45%, comparativement à l'itinéraire classique par le canal de Suez.

Jamais des pétroliers de gros tonnage de classe océanique ne s'étaient aventurés sur la Route maritime du Nord. Lors des différentes étapes de sa progression sur le tracé, et notamment lors de la traversée des détroits de Vilkitski, Sannikov et Long, le pétrolier a été épaulé par les brise-glaces nucléaires Taïmyr, Rossia et Cinquantenaire de la Victoire. La caravane a rencontré de gros blocs de glace dans la
mer de Kara, a forcé le barrage de glace de Taïmyr, a traversé des glaces éparses dans la mer de Laptev et des blocs de glace agglomérés dans la mer de Sibérie orientale. Pour évaluer la situation des glaces tout au long du parcours des navires et choisir le meilleur itinéraire, les clichés satellitaires de détection de Radarsat-1 ont été utilisés.

Pour l'obtention, le traitement et la transmission des données, les centres de réception du
réseau du Centre d'ingénierie technologique Scanex ont été mis à contribution, en l'occurrence les stations de réception automatiques au sol UniScan situées à Moscou, Méguion et Magadan. Après traitement, les données étaient mises rapidement sur Internet par le biais du géoservice Atomflot-Kosmosnimki. Le géoservice a été créé sur la base de la technologie GeoMixer pour régler les problèmes d'Atomflot. C'est pour cette dernière société qu'en 2010 Scanex a effectué la collecte et le traitement des données de télédétection satellitaire concernant la situation des glaces sur les tracés de la Sevmorpout et des mers non arctiques de la Russie concernées par le gel.

Durant la période de navigation estivale, Atomflot a utilisé à maintes reprises les données satellitaires pour la progression des caravanes sur le tracé de la Route maritime du Nord. L'expérience montre que le recours à des prises de vues spatiales permet d'améliorer non seulement la sécurité, mais aussi l'efficacité économique du travail des brise-glaces dans les conditions de l'Arctique.

Source: BE Russie numéro 35 (4/10/2010) - Ambassade de France en Russie / 

Une galaxie invisible dans l'Univers lointain découverte grâce à la radioastronomie

C'est une découverte totalement inattendue, due à la chance: en recherchant un disque de débris proche avec le télescope de 30m de l'Institut de Radioastronomie Millimétrique (IRAM) [1], une équipe internationale, menée par des chercheurs du Laboratoire d'Etude du Rayonnement et de la Matière en Astrophysique [2], a découvert la galaxie submillimétrique (SMG) la plus intense de l'hémisphère Nord aux longueurs d'ondes millimétriques en détectant l'émission de l'énorme quantité de poussière qu'elle recèle, l'obscurcissant et la rendant invisible en optique. L'équipe a découvert en plus un énorme réservoir de gaz moléculaire dans cette galaxie qui leur a permis de déterminer son décalage vers le rouge (redshift), et donc sa distance. Ce décalage vers le rouge est de 3,93, ce qui implique que la galaxie a envoyé ses photons quand l'Univers était encore très jeune (10% de son âge actuel). L'ensemble des données photométriques indique aussi que l'énergie de la galaxie provient principalement d'une flambée de formation d'étoiles et non de l'activité d'un trou noir supermassif au centre de cette galaxie.

Le quasar du "Trèfle à quatre feuilles", composé de 4 images gravitationnelles:
en vert le gaz HCN détecté en radio, superposé à l'image du télescope spatial Hubble. Redshift z=2,56.
Crédit: © HST. NASA-ESA.
 
C'est en cartographiant une région d'un demi degré carré du ciel avec le radiotélescope de 30m de l'IRAM à la longueur d'onde de 1,2mm, que les chercheurs ont fait cette découverte. Ils étaient à la recherche de l'émission de poussière froide dans d'hypothétiques disques de débris autour d'étoiles proches, lorsqu'ils ont détecté une source très intense, si rare qu'a posteriori on estime que la probabilité de la trouver était moins de 7%.

Tout d'abord, et puisqu'il n'y avait aucune contre-partie optique évidente dans les catalogues astronomiques, ils ont pensé à une jeune étoile très froide, dans notre Galaxie, nichée dans le nuage de gaz et de poussière lui ayant donné naissance, mais ils n'ont pas trouvé la signature de ce gaz proche. L'équipe a alors envisagé l'hypothèse plus audacieuse d'une galaxie très active, fabriquant en quantité des étoiles massives explosant rapidement en supernovae et noyant la galaxie dans leurs poussières. La conséquence prévisible de cette hypothèse était l'existence d'un énorme réservoir de gaz moléculaires associé qui devait être décelable par des
observations de radioastronomie. Les chercheurs ont pointé à nouveau le radiotélescope de 30m de l'IRAM muni de son nouveau récepteur EMIR à large bande de fréquences vers cet objet et ont eu la satisfaction de détecter la raie d'émission du monoxyde de carbone (CO) qui est le gaz moléculaire le plus couramment détecté dans les galaxies, confirmant la nouvelle hypothèse. Finalement, alors qu'ils s'attendaient bien à un décalage de la raie d'émission du CO vers le rouge (vers les basses fréquences), nommé redshift ou z, à cause de la vitesse de fuite des galaxies, leur surprise a été de taille en mesurant un redshift aussi élevé que z=3,92960+/-0.00013, impliquant une distance telle que nous observons la galaxie telle qu'elle était quand l'Univers avait seulement le dixième de son âge.

L'analyse des spectres prouve que la majorité de la poussière est chauffée à une température de 45K. A partir des raies de CO observées, les astronomes en ont déduit que la masse du gaz est comprise entre 200 et 1 000 milliards de masses solaires. Ils ont déduit aussi que les radiations de cette galaxie invisible en optique étaient émises aux longueurs d'ondes comprises entre l'
Infrarouge lointain et le millimétrique avec une puissance équivalente à celle produite par 500 000 milliards soleils. Son taux de formation d'étoiles serait aussi extrême, soit plus de 80 000 soleils formés par an, taux 50 fois supérieur à celui des galaxies les plus prolifiques connues à ce jour. Ces valeurs extrêmement élevées ne peuvent être réconciliées avec nos idées actuelles sur la formation d'étoiles qu'en évoquant un effet d'amplification de la galaxie par une lentille gravitationnelle en avant-plan. Par ailleurs, la température d'excitation modérée des raies de CO observées exclut un chauffage dominé par l'activité d'un trou noir supermassif au centre de la galaxie, et privilégie l'idée que cette galaxie est bien le siège de flambées de formation stellaire.

Afin de comprendre la vraie nature de cette source exceptionnelle, d'autres observations à plus haute résolution spatiale doivent maintenant être engagées pour rechercher des signatures de la lentille gravitationnelle. Nous pouvons déjà prévoir que l'objet va nous apparaître sous la forme de plusieurs images, comme le quasar du "Trèfle à quatre feuilles", ou va s'étaler dans un anneau d'Einstein comme le quasar PSSJ2322+1944.

L'anneau d'Einstein PSS J2322+1944, observé en raie CO(2-1) avec l'interféromètre du VLA. Redshift z=4,12. Crédit: © NRAO.
 
Selon le facteur d'amplification, cette galaxie lointaine et jeune pourrait nous renseigner sur l'ancêtre des Galaxies Infrarouges Lumineuses Simples (LIRG) proches, comme les galaxies en interaction "des Antennes", ou des Galaxies Infrarouges Ultralumineuse (ULIRG) proches, comme le système de galaxies en fusion Arp 220.
Image optique du télescope spatial Hubble des galaxies en interaction "Les Antennes",
qui sont des Galaxies Infrarouges Lumineuses (LIRG). Redshift z=0,006.
Crédit: © HST. NASA-ESA.
 
Les galaxies en fusion Arp 220, une Galaxie Infrarouge Ultralumineuse (ULIRG),
comme vu en proche infrarouge par le télescope spatial Hubble. Redshift z=0,02.
Crédit: © HST. NASA-ESA.
 
Source: CNRS / INSU
Illustrations: Voir les légendes

VISTA

Grâce à la vision dans l’infrarouge du télescope VISTA de l’Observatoire européen austral (ESO), des astrophysiciens ont obtenu cette spectaculaire image dans la constellation de la Licorne. Il s’agit d’une région où se forment des étoiles, connue sous le nom de Monoceros R2, dont les filaments de gaz, sculptés dans la poussière par les radiations des jeunes étoiles et par les vents stellaires, apparaissent ici avec une étonnante netteté.


Au centre de l’image se trouve le cœur de Monoceros 2, qui héberge une population très dense d’étoiles jeunes et très massives.

Dans la lumière visible, cette nurserie d’étoiles est cachée par la poussière interstellaire, explique l’ESO, mais elle se dévoile dans l’infrarouge. Cette image a été obtenue à partir de clichés pris dans trois régions de l’infrarouge par le télescope VISTA installé au Chili, dans le désert de l’Atacama, près du VLT (Very Large Telescope).

VISTA est équipé d’un miroir de 4,1 m et d’une très grande caméra infrarouge qui permettent d’observer de très grandes zones du ciel.

Hubble regarde vesta sous un autre angle

La mission Dawn de la Nasa est en route vers l’astéroïde Vesta, pour un rendez-vous programmé en juillet 2011. Une fois placée en orbite polaire autour de l’astéroïde, la sonde doit photographier toute sa surface avec une précision d’environ dix mètres. La façon dont la lumière du Soleil éclairera Vesta à ce moment là est donc cruciale pour la réussite de la mission.

Grâce au télescope spatial Hubble, les responsables scientifiques de la mission ont obtenu de nouvelles images de l’astéroïde, prises sous un angle inédit, qui permet de mieux connaître l’angle d’inclinaison de Vesta. De fait, ces clichés révèle une inclinaison du pôle plus importante de 4° vers l’est par rapport à ce qui avait été estimé, explique l’agence spatiale américaine.


Concrètement, cela signifie qu’au moment où la sonde Dawn sera en orbite autour de l’astre, le changement de saison entre les deux hémisphères de Vesta pourrait avoir lieu un mois plus tard que prévu. Les parties éclairées ne seront plus les mêmes en fonction de la saison.

Dawn se situe encore à 216 millions de kilomètres de Vesta. Un voyage qui laisse encore du temps aux scientifiques pour préparer au mieux cette rencontre.

L’univers d’Hubble se déploie dans la Géode

A partir du 13 octobre, les spectateurs pourront s’immerger dans le cosmos avec la projection à l’intérieur de La Géode du Parc de la Villette, à Paris, du film IMAX "Hubble, au-delà des étoiles" qui retrace les 20 ans de carrière du premier télescope spatial, réalisé par la NASA en partenariat avec l’ESA, et la dernière mission de maintenance en 2009.

Depuis son lancement le 24 avril 1990, le télescope spatial Hubble a révolutionné l’astronomie et changé l’image même que le grand public se faisait de l’Univers qui nous entoure, des planètes de notre propre
système solaire, aux galaxies les plus lointaines et les plus anciennes qu’il nous soit donné d’observer, repoussant ainsi les limites de l’univers observable. Il nous a ébloui avec le portrait de titanesques pépinières stellaires ou de nébuleuses en expansion qui témoignent de la mort violente d’étoiles devenues supernovae. 


Conçu pour être entretenu et modernisé sur orbite, ce géant de 11 tonnes et 13,2 m de long est doté d’un miroir primaire de 2,4 m de diamètre. Il a reçu la visite de cinq vols de navette, auxquels ont participé les astronautes de l’ESA Claude Nicollier (2 fois) et Jean-François Clervoy, ce qui a permis de corriger le défaut optique de son miroir primaire et de remplacer régulièrement ses charges utiles scientifiques et certains de ses équipements par des versions plus modernes afin d’améliorer ses performances et d’étendre sa durée de vie opérationnelle.

Immersion totale dans l’espace:

Au cours de ces missions, des caméras IMAX ont été emportées dans la navette afin de faire partager au grand public les sensations éprouvées par les équipages lors de ces missions et en particulier au cours des sorties extravéhiculaires nécessaires au remplacement des instruments et équipements. Le standard IMAX, projeté sur l’écran hémisphérique de 1 000 m2 de La Géode permet au spectateur de vivre une "immersion totale" dans l’image et donc de partager l’épopée du télescope et des astronautes venus le visiter.

Le film IMAX "Hubble, au-delà des étoiles" se concentre sur les cinq sorties de l’ultime mission de maintenance, réalisée avec la navette Atlantis du 11 au 24 mai 2009 (STS-125), et récapitule 20 ans de découvertes astronomiques en 45 minutes. Il sera projeté plusieurs fois par
jour à La Géode au moins jusqu’en février, en partenariat avec l'ESA. Pour poursuivre le voyage, les spectateurs pourront également visiter l’exposition associée au film et qui présentera notamment une portion des panneaux solaires originaux de Hubble (ramenés lors de la mission STS-109) ainsi que les nouvelles missions de l’astronomie spatiale: les observatoires Herschel et Planck de l’ESA ou le futur télescope James Webb, successeur de Hubble.

Une fontaine de 100 000 années lumière de long entre deux galaxies.
Credit: NASA, ESA and the Hubble Heritage Team (STScI/AURA)

Source: ESA Illustrations: Voir les légendes

Gibraltar: courants et continents vus de l'espace

Prise par le satellite Envisat, cette image radar révèle le réseau de vagues internes di Détroit de Gibraltar, qui sépare le sud de l’Espagne (en haut) du nord du Maroc (en bas). Le détroit constitue la seule communication entre l’Océan Atlantique (à gauche) et la Mer Méditerranée (à droite), ce qui en fait un site d’étude intensive pour comprendre les échanges entre les deux.


Alors que l’eau pénètre dans la Méditerranée et en sort, deux courants se forment dans le Détroit. Une couche supérieure d’eaux venues de l’Atlantique s’écoule vers l’Est dans la mer, tandis qu’une couche profonde d’eau méditerranéenne, plus salée et plus lourde, s’écoule en sens inverse, vers l’Ouest et l’océan.

Le courant inférieur est dénommé Veine d’eau méditerranéenne (VEM, en anglais MOW pour Mediterranean Outflow Water). Lorsqu’il passe l’extrémité occidentale du Détroit, il rencontre une hausse soudaine des fonds marins, ce qui génère une série de vagues internes. Ces vagues internes ne sont pas directement visibles car elles ne produisent pas d’ondulations à la surface. En revanche, elles induisent un courant horizontal superficiel, qui affecte l’aspect de la surface de la mer.

Depuis l’espace, les vagues internes peuvent être efficacement détectées à l’aide de radars à synthèse d’ouverture (SAR) qui sont sensibles aux changements de faible amplitude à la surface de la mer. Les vagues internes sur cette image apparaissent sous la forme d’ondes semi-circulaires à l’Est du Détroit, en Méditerranée. D’autres séries de vagues internes sont générées dans l’Océan Atlantique et apparaissent en rose fuchsia à l’Ouest du Détroit.

Avec plusieurs centaines de navires le traversant quotidiennement, le Détroit de Gibraltar est une des routes maritimes les plus actives au monde. Les principaux axes de circulation sont matérialisés par la concentration des navires (sous la forme de points lumineux colorés) le long de voies séparées.

Plusieurs villes sont visibles en Espagne sous la forme de taches d’un vert pâle, dont la colonie britannique de Gibraltar (la pointe à l’entrée du Détroit), Malaga (sur la côte à 100 km à l’Est de Gibraltar), Grenade (au Nord-Est de Malaga) et Séville (en haut à gauche. La ville autonome espagnole de Ceuta est visible sur la côte nord-africaine, directement en dessous de Gibraltar.

Cette image a été créée en combinant trois vues acquises par le radar ASAR (Advanced Synthetic Aperture Radar) d’Envisat les 27 août et 1er octobre 2009 et le 12 août 2010. Les couleurs traduisent les changements intervenus à la surface entre les acquisitions.
Source et illustration: ESA

Invention d'un portable qui se charge grâce à la chaleur

Patrick Hyland, designer britannique, a imaginé un concept de téléphone portable rechargeant ses batteries grâce à la chaleur. Présenté sur un téléphone Nokia nommé Nokia E-Cu (pour Environnement-Cuivre), il suffit de mettre le téléphone dans sa poche pour le charger à la chaleur de son corps.


Le Nokia E-Cu est doté d'une coque en cuivre (légèrement craquelée pour symboliser la terre qui se déssèche à cause du réchauffement climatique) qui intègre des récepteurs thermiques absorbant la chaleur et la transformant en énergie électrique grâce au thermogénérateur intégré. Un concept intéressant, permettant de rappeler que les chargeurs de téléphones usagés représentent pas moins de 51 000 tonnes de déchets chaque année, exceptés les gazélectricité nécessaire pour recharger ces mobiles. à effet de serre qui sont émis par l'
Des chercheurs de l'université de Berkeley (Etats-Unis) travaillaient déjà il y a deux ans sur un procédé permettant de recharger un téléphone grâce à la chaleur de son corps. Ils utilisaient quant à eux des vêtements conçus avec un tissu spécial, capable de capter la chaleur du corps et de la transformer en énergie.

Pour plus d'information sur le Nokia E-Cu voir:
http://patrickhylandproductdesign.blogspot.com/
Auteur de l'article: Cédric DEPOND
Illustration: Wikimedia/Jorge Barrios

Les éruptions solaires ont été détectées dans la lumière totale émise par notre étoile

C'est une découverte qui va aider à faire la lumière sur le phénomène difficile à étudier que sont les éruptions solaires. En analysant 11 ans de données obtenues par le satellite SOHOPhysique et Chimie de l'Environnement et de l'Espace d'Orléans (LPC2E, CNRS-INSU, Université d'Orléans, Observatoire des Sciences de l'Univers Centre-INSU), en collaboration avec des équipes suisse et belge (1), sont en effet parvenus à isoler et à quantifier pour la première fois le très faible signal d'éruptions de différentes amplitudes au sein de l'irradiance solaire, c'est à dire le flux de lumière reçu à toutes les longueurs d'onde par la Terre. A la clé, un résultat inattendu: leur énergie globale serait bien supérieure à ce qui était envisagé jusqu'alors.
En haut, un exemple de courbes de lumières pour une éruption de classe X4 le 26 novembre 2000.
L'éruption est claire dans les rayons X en rouge, mais on ne la voit pas dans les deux mesures de l’irradiance solaire totale
(noir et rose). En bas, la superposition des courbes de lumières totale (irradiance solaire totale comprise)
pour 130 éruptions allant de la classe X10 à M5.1. L'amplitude des fluctuations a été réduite
et le signal causé par les éruptions augmentés lors de la superposition.

"Ces éruptions sont des explosions d'énergie se manifestant dans l'atmosphère du Soleil", rappelle Matthieu Kretzschmar, chercheur au LPC2E et premier auteur de cette étude. "Lorsque localement le champ magnétique solaire est instable, il peut se reconfigurer rapidement, dégageant une énergie importante et accélérant les particules de l'atmosphère solaire.

Celles-ci peuvent entrer en collision avec le reste du plasma, le chauffer, et augmenter fortement ainsi la quantité de lumière émise". Au moins 20 000 éruptions seraient ainsi apparues lors du dernier cycle solaire. Problème: parmi elles, seules 4 d'ampleur très importante ont pu être isolées dans l'irradiance solaire totale. "Nous parvenons bien à observer ces éruptions dans le domaine ultra-violet lointain et les rayons X, car, à ces longueurs d'onde, le contraste entre la lumière émise lors de l'éruption et celle émise par le Soleil calme est fort", explique le chercheur. "L'énergie émise ensemble par toutes les longueurs d'onde ainsi que celle émise dans le domaine visible sont au contraire cachées par les fluctuations naturelles de l'irradiance solaire. Tout se passe comme si nous devions repérer des vagues de 1m -causées par les éruptions- au milieu d'une mer agitée par des vagues de 70m -causées par les fluctuations naturelles-".


Pour résoudre ce problème, les chercheurs ont tenté d'amplifier ces "vagues d'un mètre", afin de les rendre plus identifiables, et ce grâce à une analyse en "époques superposées". "L'idée est de superposer temporellement les fluctuations de l'irradiance solaire totale de plusieurs éruptions distinctes", détaille Matthieu Kretzschmar. "Les fluctuations naturelles de l'irradiance tendent à s'annuler, tandis que celles dues aux éruptions s'additionnent et s'amplifient". Les scientifiques ont ainsi obtenu un résultat surprenant: l'énergie totale émise par les éruptions est environ 100 fois supérieure à l'énergie émise dans le domaine des rayons X uniquement, révélant une contribution majeure de l'énergie émise dans le domaine visible et proche ultra-violet.





En permettant une quantification plus précise de l'énergie réellement émise par ces éruptions solaires, ces résultats, obtenus dans le cadre du projet européen SOTERIA, vont permettre d'améliorer les modèles théoriques actuels d'éruption. Ils permettront aussi d'évaluer le rôle de ces évènements dans la variation de l'irradiance solaire reçue par notre planète.


source: CNRS / INSU
Illustration: © LPC2E

Retombées économiques de la culture du maïs transgénique pour celle du maïs conventionnel

Selon une nouvelle étude, des plants de maïs transgénique pourraient réduire les dégâts occasionnés sur les cultures conventionnelles voisines pour le plus grand bénéfice des agriculteurs.
William Hutchinson, de l'Université du Minnesota à St. Paul, et ses collègues ont analysé les effets du maïs transgénique sur la pyrale du maïs, une chenille destructrice introduite accidentellement d' Europe dans les États américains du Middle West en 1917 et qui causerait environ un milliard de dollars de perte chaque année dans les récoltes. Le maïs génétiquement modifié étudié a été conçu pour exprimer des protéines insecticides de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) connue pour tuer de nombreux insectes ravageurs.

Les chercheurs ont trouvé que le maïs exprimant la toxine Bt, largement adopté depuis des années dans l'agriculture américaine, réduisait les populations de chenille de telle sorte que cela profitait aussi au maïs conventionnel. Ainsi, selon Hutchinson et son équipe, la culture du maïs conventionnel est rentable car les agriculteurs peuvent éviter de payer les graines plus chères du maïs transgénique tout en profitant d'un
contrôle des populations de chenille dû aux cultures de maïs Bt environnantes.

Ces résultats confirment certaines prédictions théoriques au sujet de la suppression de populations de ravageurs alors que le gouvernement américain exige déjà la présence de cultures "refuges" conventionnelles pour ralentir l'apparition d'une résistance à la toxine Bt chez les chenilles. Ils soulignent aussi l'intérêt économique pour les agriculteurs de continuer à planter les deux types de maïs. Les chercheurs avancent que durant les 14 années écoulées, les États de l'Illinois, du Minnesota et du Wisconsin ont économisé environ 3,2 milliards de dollars en faisant simultanément les deux cultures, ainsi que les États de l'Iowa et du Nebraska à hauteur de 3,6 milliards de dollars.

Source: Science, AAAS & EurekALert

Les premiers téléviseurs Google TV dévoilés par Sony

Sony vient de présenter quatre téléviseurs et un lecteur Blu-Ray compatibles pour la Google TV. Le prix de vente des téléviseurs varie entre 600 et 1400 dollars en fonction de la taille (24, 32, 40 ou 46 pouces). Le lecteur Blu-ray est quant à lui annoncé au tarif de 400 dollars. Les téléviseurs sont tous dotés de 4 ports USB, 4 entrées HDMI, proposent la HD 1080p et sont équipés d'une télécommande intégrant un clavier permettant la navigation sur le web. 

   Téléviseur compatible pour la Google TV - Illustration Sony

Le lecteur Blu-Ray suffira aux utilisateurs ne souhaitant pas changer de téléviseur. Il apporte exactement les mêmes fonctionnalités, et vient d'ailleurs concurrencer le boîtier Logitech Revue présenté la semaine dernière, dont le but est d'utiliser les logiciels de Google TV sous Android avec un téléviseur standard.

Le service Google TV permet d'accéder à Internet directement depuis sa
télévision. Il se base sur Android et embarque le navigateur internet Chrome. Google a récemment inauguré le site officiel de ce service, accessible ici, en donnant plus de précisions sur les possibilités de ce service. L'utilisateur pourra surfer sur le web, consulter des vidéos sur Youtube, ou encore consulter sa page Facebook. Certains sites ont été retravaillés afin de s'adapter à cette connexion. C'est le cas de Twitter, qui a développé une version spéciale de son site. Les groupes Pandora, Vevo et Napster proposeront également un service. Les sites des chaînes Cartoon Network, TBS, TNT et CNN ont aussi été retravaillés, Netflix proposera son service de streaming et Amazon ouvrira un service VOD composé de 75 000 titres.

L'ensemble de ces services se pilotera à l'aide de la télécommande, ou bien prochainement à l'aide de son smartphone. Il sera également possible de consulter la TV tout en naviguant sur le web grâce au mode "Dual View". Enfin, l'Android Market ouvrira dès le début de l'
année prochaine pour proposer d'autres services complémentaires. Google a également annoncé la livraison d'un kit de développement, pour début 2011, permettant à chacun de créer ses propres applications.

Samsung devrait prochainement présenter les téléviseurs de sa marque. Ceux de Sony seront commercialisés aux Etats-Unis dès ce week end, et l'année prochaine en Europe.

Auteur de l'article: Cédric DEPOND
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