Tempêtes tropicales

Le satellite Tara de la Nasa a photographié au-dessus du Pacifique l'image de trois tempêtes simultanées.




Une équipe internationale de chercheurs  a annoncé, dans un article paru dans la revue Nature Genetics, être parvenue à séquencer une partie du génome du pommier domestique, Malus x domestica. La disponibilité d'une séquence du génome de la pomme permettra aux scientifiques de déceler plus rapidement les gènes qui fournissent des caractéristiques souhaitables du fruit et les  variants génétiques à l’origine de maladies. Cette information peut être utilisée pour améliorer rapidement les plantes par élevage sélectif.



J.I.
Sciences et Avenir.fr
01/09/2010

Glacier de Tête Rousse : les 40.000 m3 d'eau manquants

La poche d’eau découverte dans le glacier de Tête Rousse, en Haute Savoie, est en cours de pompage. Cependant la cavité forée ne contient pas toute l’eau détectée par les chercheurs. Les explications du glaciologue Christian Vincent.

Photo prise en juillet 1892 montrant le trou laissé par l'effondrement du plafond de la cavité supérieure. (AFP) 
Sur le glacier de Tête Rousse, en Haute Savoie, le pompage de la poche d’eau subglaciaire est en cours depuis une semaine, à 3.200 mètres d’altitude. L’objectif est de prévenir le risque d’une vidange brutale de cette poche, qui menace 900 habitations en contrebas. Christian Vincent, chercheur au Laboratoire de glaciologie et géophysique de Grenoble (LGGE, CNRS/Université J. Fourier), a conduit les études sur ce glacier. Il répond aux questions de Sciences et Avenir.fr.

Sciences et avenir.fr : Comment va réagir le glacier aux opérations de pompage de la poche d’eau?
Christian Vincent
 : La cavité que nous avons identifiée grâce aux forages mesure environ 40 mètres de large à sa base, et 29 mètres au plus haut, ce n’est pas énorme par rapport à l’ensemble du glacier. Et au-dessus il y a 40 m de glace. A priori il n’y a donc pas de risque d’affaissement du glacier. Cependant nous prenons toutes les précautions: nous descendons ce mercredi un sonar dans le trou de forage pour surveiller l’évolution des contraintes mécaniques au fur et à mesure que l’eau est remplacée par l’air. Nous avons aussi en surface un équipement comparable à ce qui est utilisé pour surveiller les barrages : nous pouvons  ainsi calculer les mouvements du glacier avec une précision de 5 mm.




Y a-t-il une seule cavité ou plusieurs sous le glacier?
Lors de la prospection, nous avons détecté la présence de 65.000 m
3 d’eau [grâce à la résonance magnétique des protons, ndlr]. Cependant avec les forages nous n’avons découvert qu’une seule cavité, d’une contenance de 25.000m3 environ. Il manque donc 40.000 m3 qui sont dans doute répartis ailleurs dans le glacier. L’eau peut être dans d’autres cavités ou dans des chenaux intraglaciaires. Elle peut aussi être piégée dans des sédiments sous-glaciaires (éboulis gorgés d’eau situés sous le glacier). Dans ce dernier cas elle ne pose pas le même risque qu’une poche. On espère cependant réussir à pomper toute l’eau.

Est-il fréquent de trouver des cavités sous les glaciers?
Dans les glaciers tempérés (à 0°C) avec un mouvement rapide, il existe souvent des cavités sous glaciaires à l’aval des bosses du socle rocheux. Pour les glaciers très lents comme celui de Tête Rousse, ce n’est pas le cas car la glace flue et bouche les interstices. Dans le cas présent, l’eau des fontes et des précipitations -qui s’infiltre à travers les fissures dans la partie amont- se trouve bloquée par une langue de glace froide à -2°C et donc étanche, collée au socle rocheux. Ne pouvant s’écouler, sous l’effet de la pression, l’eau a déformé la glace et créé cette cavité.


Comment s’est formée cette langue de glace très froide ?
Depuis environ 30 ans, nous observons une diminution du manteau neigeux sur les glaciers de cette région. Cette fonte du manteau neigeux -qui joue un rôle isolant- entraîne un refroidissement de la langue du glacier. C’est un effet paradoxal du réchauffement climatique. Le glacier de Tête Rousse est situé sur une sorte de contrefort et ses versants ne sont pas englacés : le froid pénètre donc plus facilement. On observe aujourd’hui que le glacier est divisé en deux parties : il est à 0°C dans sa partie amont mais -2 à -2,5°C en aval, là où s’est formée la langue de glace étanche qui a piégé l’eau.


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Le même mécanisme peut-il expliquer la formation de la précédente poche, celle qui s’est vidangée brutalement en 1892 ?
Non, c’est sans doute un phénomène différent qui s’est produit. En 1892 il y avait deux cavités reliées entre elles, une inférieure et une supérieure. Cette cavité supérieure était très près de la surface, à 5 ou 10 mètres. A l’époque les ingénieurs des eaux et forêts qui ont analysé la situation après le désastre ont supposé que le plafond de la cavité supérieure s’était écroulé, provoquant une suppression de l’eau, qui aurait ensuite fait sauter le «bouchon». Nous pensons aujourd’hui que cela s’est passé différemment. Un lac s’est formé sur le glacier entre 1860 et 1878. Suite à une période de forte accumulation neigeuse, ce lac a été recouvert de neige formant en 1892 une couche de névé ou de glace de 5 à 10 m qui reposait sur l’eau. C’est ainsi que s’est formée la cavité supérieure. La cavité inférieure elle, s’est formée plus en aval, plus près du socle rocheux. Suite à la rupture de la langue frontale sous l’effet de la pression de l’eau, ces cavités se sont brutalement vidangées et le plafond de la cavité supérieure s’est effondré.

Propos recueillis par Cécile Dumas Sciences et Avenir.fr 01/09/10
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