Des signes de spéciation chez un moustique

Deux études portant sur le génome d'un moustique vecteur du paludisme indiquent que le flux de gènes entre les populations de cet insecte sont plus limitées que ce que l'on pensait, ce qui conduit à des différences génomiques entre elles et, potentiellement, à l'apparition de nouvelles espèces.

Cette recherche peut contribuer aux programmes de contrôle des populations de moustique pour mieux suivre toute changement de comportement qu'ils peuvent induire auprès de certaines parties d'entre elles. Dans une des études, Mara Lawniczak, de l'Imperial College London, et ses collègues en Europe et aux États-Unis ont séquencé les génomes de deux formes dites "M" et "S" de A. gambiae qui se comportent différemment et sont en train de se séparer en deux espèces.


Dans l'autre étude, Daniel Neafsey, du Broad Institute à Cambridge, MA, et ses collègues en Europe, Afrique et aux États-Unis ont déterminé avec des puces à ADN à la résolution du nucléotide les différences génétiques entre des représentants de l'espèce
A. gambiae. Ils ont observé une différenciation entre les populations et trouvé des marques de changements sélectifs au sein des populations grâce auxquels certaines formes favorables de gènes se répandent relativement vite parmi les individus.
Source: Science, AAAS & EurekAlert

Une matrice d’imagerie infrarouge de résolution thermique voisine du millième de kelvin

Le CEA-Leti vient de mettre au point une matrice d’imagerie infrarouge particulièrement sensible, proche du millième de kelvin, détectant dans la bande de longueur d’ondes de 8 à 10 µm. Cette haute sensibilité a été atteinte grâce au couplage d’une matrice de détection et d’un circuit de lecture spécifique, et à la conversion numérique des données obtenues. 



Les recherches menées dans le cadre du laboratoire commun DEFIR (CEA, Sofradir, DGA, Onera) ont permis la mise au point d’une matrice à imagerie infrarouge innovante par sa haute sensibilité, de 1 à 2 mK, soit un gain d’un facteur 10 à 20 par rapport à ce qui est habituellement accessible pour des conditions d’observation identiques avec des composants conventionnels. La caméra infrarouge devient alors beaucoup plus sensible aux écarts de
température entre deux points ce qui permet d’obtenir une meilleure résolution et ainsi une meilleure qualité d’image.
Ces recherches ont consisté à coupler une matrice de détecteurs infrarouge réalisée en HgCdTe (1) de 320x256 pixels tous les 25 µm à un circuit de lecture spécifique, réalisé en filière CMOS (2) 0,18 µm. Ce circuit, conçu par le CEA-Leti, comporte une conversion numérique au niveau de chaque pixel de détection, soit tous les 25 µm. On peut ainsi atteindre une charge stockée de 3 Giga électrons. Cette matrice est refroidie à 77 K (3) afin de réduire de manière significative les bruits dus à son fonctionnement. L’assemblage de ces deux technologies a permis de restituer une image avec une résolution thermique encore jamais atteinte à ce jour, de 1 à 2 mK pour une image observée à température ambiante et à une cadence classique de 25-50 Hz.

Ces résultats, qui se situent au meilleur niveau international, ont été présentés par le CEA-Leti à la conférence Internationale
Defense, Security and Sensing qui s’est tenue à Orlando du 5 au 9 avril 2010, puis dans le cadre d’une communication invitée, lors de la conférence Internationale SPIE Security and Defense à Toulouse du 20 au 23 septembre dernier.

La technologie de détecteurs infrarouge à base de HgCdTe développée par le CEA-Leti est en production industrielle chez SOFRADIR, sous licence exclusive du CEA.

Source et illustration: CEA

Identification d'un nouveau régulateur de l'horloge circadienne

Une étude de l'Université Concordia de Montréal s'intéresse au rôle de la dopamine dans les rythmes circadiens; impact possible sur les rythmes veille-sommeil dans la maladie de Parkinson.
Les cycles de sommeil ainsi que les saines habitudes alimentaires sont essentielles au bien-être et à la santé des êtres humains. Or, une nouvelle étude de l'Université Concordia vient de démontrer comment la dopamine, une substance chimique présente dans le cerveau, régule ces cycles en altérant l'activité de la protéine "horloge" PER2. Publiés dans le Journal of Neuroscience, ces résultats pourraient avoir des conséquences pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson chez lesquelles les rythmes veille-sommeil sur 24 heures sont perturbés.



"La protéine PER2 est bien connue pour son rôle dans la régulation des rythmes circadiens, d'où son nom de protéine horloge, explique Shimon Amir,
chercheur principal de cette étude et professeur de psychologie au Centre d'études en neurobiologie comportementale de l'Université Concordia. De nombreuses molécules, telles que les hormones du stress, sont connues pour avoir un impact sur l'activité de PER2. Jusqu'à présent, le rôle de la dopamine dans la régulation des rythmes circadiens n'avait pas été précisé. Nos résultats montrent que la protéine PER2 est influencée par la dopamine mais que la dopamine est nécessaire à l'expression rythmique de cette protéine dans des régions bien spécifiques du cerveau."

Dopamine et maladie de Parkinson:

La maladie de Parkinson est causée par la dégénérescence de cellules nerveuses spécifiques qui entraîne une diminution des concentrations de dopamine dans le cerveau. La dopamine est essentielle aux mouvements normaux et à l'équilibre et une diminution de ses concentrations se solde par l'instabilité et les mouvements involontaires qui font la marque de la maladie de Parkinson.

Les résultats de cette étude pourraient expliquer les perturbations des rythmes physiologiques et comportementaux quotidiens fréquemment signalés chez les patients atteints de cette maladie.



L'élévation du taux de dopamine précède l'élévation du taux de protéine PER2:


Le professeur Amir et ses collègues ont étudié le rôle de la dopamine chez le rat. Ils ont dans un premier temps démontré que la protéine PER2 était présente dans une région bien spécifique de son cerveau, le striatum dorsal, siège habituel de la dopamine, où ses concentrations fluctuent chaque
jour.

L'équipe de recherche a démontré que l'élévation de la concentration de dopamine dans cette région du cerveau précédait l'élévation du taux de PER2 et que la suppression de la dopamine ou l'inhibition d'un de ses récepteurs se solde par une diminution des concentrations de PER2, un phénomène qu'il est possible d'inverser par l'administration d'un médicament imitant l'action de la dopamine sur ce récepteur.


"Nos résultats confirment que le rythme de l'expression de PER2 dépend de l'activation quotidienne par la dopamine", explique l'auteure principale de cette recherche, Suzanne Hood, étudiante de
doctorat à l'Université Concordia.
Source: Concordia University
Illustration: Wikipedi

Climat: modification du cycle hydrologique de la végétation

Depuis douze ans, l'évapotranspiration montre un net ralentissement au niveau mondial et cette tendance pourrait avoir un impact négatif sur les écosystèmes et les ressources en eau. C'est ce que montre une étude internationale parue dans Nature le 21 octobre 2010, à laquelle ont participé des chercheurs du LSCE (CEA-CNRS-UVSQ).

L'évapotranspiration - l'évaporation de l'eau à la
surface des terres et la transpiration (1) des plantes - est un élément fondamental du cycle de l'eau et du système climatique. La régulationquantité d'eau dans l'atmosphère et la dynamique du climat y sont étroitement liées. C'est également un facteur déterminant de la disponibilité en eau des sols pour la consommation humaine et pour la croissance des plantes.



Tendances d'évolution de l'évapotranspiration entre les périodes 1982-1997 et 1998-2008.
La couleur rouge indique une diminution et la couleur bleue une augmentation
de l'évapotranspiration d'une période à l'autre.

Dans le cadre du réseau Fluxnet (2), coordonné à l'échelle internationale et auquel participent des chercheurs du Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE), une estimation de l'évolution de l'évapotranspiration globale a été réalisée. Pour cela, les scientifiques ont combiné des mesures sur une grande variété d'écosystèmes (à partir de "tours à flux" permettant la mesure directe des flux de chaleur et d'humidité), des observations satellitaires et des modèles d'écosystèmes. Les résultats montrent que l'évapotranspiration a augmenté de façon régulière de 1982 (date des premières mesures par satellite) à 1997, d'environ 7,1 millimètres par an par décennie. "Lorsque la température augmente, l'atmosphère est capable de contenir une plus grande quantité de vapeur d'eau ; c'est ce qui explique l'augmentation de l'évapotranspiration au cours de cette période", commente Nicolas Viovy, chercheur CEA au LSCE.

Mais depuis 1998, les chercheurs observent un net ralentissement de l'évapotranspiration, particulièrement visible dans l'hémisphère sud, surtout en Afrique et en Australie, ce qui semble consécutif à l'important évènement
El Niño de 1998. La température continuant à augmenter, cette baisse de l'évapotranspiration de près de 8 mm par an sur la décennie pourrait être due à une limitation de l'eau disponible dans les sols au cours des dix dernières années.

Si, d'après les auteurs, il est trop tôt pour dire si ce changement de l'évapotranspiration est d'origine naturelle ou dû aux activités humaines, cette tendance pourrait néanmoins avoir un impact important sur les écosystèmes vulnérables, sur les ressources en eau et sur l'interaction de ce phénomène avec le climat.


Source: CNRS
Illustration:
© CEA

UDFy-38135539: la plus lointaine des galaxies jamais observée

Une équipe européenne d'astronomes a déterminé la distance de la galaxie la plus éloignée jamais observée en utilisant le très grand télescope (VLT) de l’ESO. En analysant soigneusement la lueur extrêmement faible provenant de la galaxie, ces astronomes ont constaté qu’ils étaient en train de l’observer alors que l’Univers avait à peine 600 millions d'années (le décalage vers le rouge, ou redshift, est de 8,6). Il s’agit des premières observations confirmées d’une galaxie dont la lumière dissipe l’opaque brouillard d’hydrogène qui emplissait le cosmos dans les premiers temps de l’Univers. Ce résultat est publié dans la revue Nature du 21 octobre 2010.


La galaxie UDFy-38135539 capturée par Hubble en 2009.
"En utilisant le Very Large Telescope de l'ESO, nous avons confirmé qu'une galaxie repérée auparavant avec le télescope spatial Hubble était l'objet le plus lointain dans l'Univers, jamais observé jusqu’à présent", déclare Matt Lehnert, premier auteur de l’article scientifiquepuissance du VLT et de son spectrographe SINFONI nous permet de mesurer avec exactitude la distance de cette galaxie très peu lumineuse et nous constatons que nous la voyons lorsque l'Univers avait moins de 600 millions d'années." présentant ces résultats. "La

L'étude de ces premières galaxies est extrêmement difficile. Du fait du temps nécessaire pour que leur lumière, initialement éclatante, atteigne la Terre, elles nous apparaissent très peu lumineuses et petites. De plus, la majorité de cette faible lumière est décalée vers la partie infrarouge du spectre car sa longueur d’onde est étirée par l’expansion de l’Univers – un effet connu en anglais sous le nom de redshift. Pour accentuer la difficulté, dans ces premiers temps, moins d’un milliard d’années après le Big Bang, l'Univers n'était pas entièrement transparent. Il était alors presque entièrement rempli d’un brouillard d’hydrogène qui absorbait le violent rayonnement ultraviolet émis par les jeunes galaxies. La période pendant laquelle le brouillard était encore en cours de dissipation par ce rayonnement ultraviolet est appelée période de réionisation.

En dépit de ces difficultés, la nouvelle caméra à grand
champ (la Wide field Camera 3) installée au foyer du télescope spatial Hubble de la NASA/ESA a découvert en 2009 plusieurs objets constituant de sérieux candidats pour être des galaxies observées à cette période de réionisation. La confirmation des distances pour des objets si faibles et si éloignés constitue un énorme défi. Ces distances peuvent seulement être déterminées en utilisant les spectrographes qui équipent les très grands télescopes au sol pour mesurer le décalage vers le rouge de la lumière des galaxies.

Matt Lehnert explique: "Après l'annonce des galaxies "candidates" détectées par Hubble, nous avons fait un rapide calcul et nous avons été enthousiastes en constatant que la très grande puissance collectrice du VLT, lorsqu’il est associé à la sensibilité du spectroscope infrarouge SINFONI et à une très longue durée d'observation, doit nous permettre de détecter la lueur extrêmement faible d'une de ces galaxies très éloignées et de mesurer sa distance."


Grâce à une requête spéciale adressée au Directeur Général de l’ESO, cette équipe a obtenu du temps de télescope avec le VLT et a observé une galaxie candidate appelée UDFy-38135539 pendant 16
heures. Après deux mois d’analyses méticuleuses et de tests de leurs résultats, les chercheurs ont constaté qu'ils avaient clairement détecté la lueur très faible de l'hydrogène avec un décalage vers le rouge de 8,6, ce qui fait de cette galaxie l'objet le plus éloigné jamais confirmé par la spectroscopie. Un décalage vers le rouge de 8,6 correspond en effet à une galaxie observée juste 600 millions d’années après le Big Bang.

Nicole Nesvadba, co-auteur de l’article scientifique, résume ce travail: "Mesurer le décalage vers le rouge de la galaxie la plus distante détectée jusqu’à présent est un travail vraiment enthousiasmant en lui-même, mais les implications astrophysiques de cette détection sont bien plus importantes. C'est la première fois que nous savons avec certitude que nous observons une des galaxies ayant percé le brouillard qui remplissait le très jeune Univers".


Une des choses étonnantes au sujet de cette découverte c’est que la lueur d'UDFy-38135539 semble ne pas être assez forte pour dissiper toute seule le brouillard d'hydrogène.


"Il doit y avoir d'autres galaxies, probablement plus faibles, moins massives et proches d’UDFy-38135539, qui ont également aidé à rendre l'espace transparent autour de cette galaxie. Sans cette aide additionnelle, la lumière de la galaxie, quel que soit son éclat, aurait été absorbée dans le brouillard d'hydrogène environnant et nous n'aurions pas pu la détecter", explique Mark Swinbank et co-auteur de l’article.


Jean-Gabriel Cuby, un autre co-auteur, remarque que "l’étude de la période de réionisation et de la formation des galaxies pousse au maximum de leurs possibilités les télescopes et les instruments existant, mais c'est justement ce type de problématique scientifique qui sera ‘monnaie courante’ quand l’European Extremly Large Telescope (E-ELT) de l’ESO – qui sera le plus grand télescope
optique et proche infrarouge au monde – sera opérationnel."
Source: ESO
Illustration:
NASA/ESA Hubble Space Telescope

OGM: la France opposée à la proposition de la Commission européenne sur la subsidiarité en matière d’OGM

La proposition de la Commission européenne de modification de la directive de 2001 sur les OGM, présentée en juin dernier, a été discutée, lors du Conseil environnement du 14 octobre 2010 sous Présidence belge.


Selon la Commission, cette modification devrait permettre aux États membres de restreindre ou d’interdire la culture d’OGM, ou de certains d’entre eux, sur tout ou partie de leur territoire pour des motifs d’intérêt public autres que ceux ayant des incidences négatives sur la santé ou l’environnement, examinées par l’Agence européenne de sécurité des aliments (AESA).


La France a réaffirmé, par les voix du ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer et de la secrétaire d’État chargée de l’Écologie son opposition à cette proposition. Le gouvernement français estime en effet que, juridiquement, cette proposition est peu solide, et n’apporte donc aucun réel progrès par rapport au dispositif existant.

Par ailleurs, cette proposition fait perdre de vue la nécessité préalable d’apporter des réponses aux conclusions du Conseil des ministres de l’environnement de décembre 2008 sur les OGM obtenues sous la Présidence française de l’Union européenne, en particulier sur le renforcement de l’évaluation des risques environnementaux des OGM et le fonctionnement de l’AESA. Il demande aussi, conformément aux recommandations de l’ANSES et du HCB, que soit améliorée la qualité statistique des tests toxicologiques.


Les réserves exprimées par les ministres français sont partagées par de nombreux États membres.


Pour Jean-Louis BORLOO et Chantal JOUANNO: "La proposition de la Commission européenne ne répond pas à la demande exprimée à l’unanimité par les États membres de l’Union européenne en 2008. Elle est peu solide juridiquement et ne participe ni au renforcement de l’évaluation environnementale et sanitaire, ni à la réforme de l’AESA, alors que les citoyens sont toujours très sensibles à ces questions. Nous ne devons pas être détournés de cet objectif."

Source: Communiqué du Ministère de l’Écologie, de l’Énergie,
du Développement durable et de la Mer 
Illustration: Wikipédia

Un rapport inédit révèle l'importance fondamentale de la biodiversité dans l'économie

La valeur de la nature: un rapport inédit révèle l'importance fondamentale de la biodiversité dans l'économie.

Le rapport final d'un projet d'étude de trois ans examinant les bénéfices que la planète obtient gratuitement de la nature a été publié. L'étude consacrée à l'économie des écosystèmes et de la biodiversité (The Economics of Ecosystems and Biodiversity – TEEB) a sélectionné parmi les données économiques disponibles celles qui montrent de manière éclatante que les coûts liés à la dégradation des écosystèmes et la perte de la biodiversité sont réellement exorbitants pour nos sociétés. Ce projet fait la synthèse de milliers d'études et examine des méthodes d'évaluation, des instruments d'action et des exemples de mesures prises de par le monde. Se référant à de nombreuses études de cas, le rapport se conclut par dix recommandations visant à aider les citoyens et les responsables politiques à intégrer la biodiversité comme paramètreenvironnement.
dans leurs décisions quotidiennes. La Commission européenne est l'un des principaux bailleurs de fonds de l'étude, qui a été entreprise sous l'égide du programme des Nations unies pour l'

Préserver la biodiversité est important pour l'économie - Illustration Techno-science.net
Janez Poto?nik, membre de la Commission européenne chargé de l’environnement, a déclaré à ce propos: «Tout en appréciant, bien entendu, la valeur intrinsèque de la nature, nous reconnaissons également sa valeur économique dans la lutte contre la perte de la biodiversité. La Commission européenne soutient le projet TEEB depuis le départ, et continuera de le faire. Nous examinerons les moyens d'intégrer les analyses développées par le projet TEEB dans notre politique générale. Nous sommes également disposés à encourager les initiatives venant d'autres pays, qui montrent les bénéfices et les coûts liés à l'investissement dans la gestion de la biodiversité et des services écosystémiques.»

Le chef du projet TEEB, M. Pavan Sukhdev, a déclaré pour sa part que «le projet TEEB apporte non seulement la preuve de l'importance, estimée à plusieurs milliards de dollars, de la nature pour l'économie mondiale, mais informe aussi, de manière circonstanciée, sur les types de virages politiques et de mécanismes de marché «intelligents» qui peuvent faire surgir des idées neuves dans un monde confronté à une multiplicité croissante de défis. La bonne nouvelle, c'est que plusieurs communautés et pays voient déjà le potentiel qu'offre l'intégration de la valeur de la nature dans l'élaboration des politiques.»

Apprendre à tenir compte de la valeur de la nature dans tous ses aspects:

Le rapport final du TEEB sur l'intégration des aspects économiques de la nature («Mainstreaming the Economics of Nature») vient compléter quatre rapports publiés au cours des trois dernières années. Il se concentre sur trois domaines – un écosystème naturel (forêts), une implantation humaine (villes) et un secteur économique (industrie minière)- et illustre comment les concepts et outils économiques décrits dans le cadre de l'étude TEEB peuvent aider la société à intégrer la valeur de la nature dans l'élaboration des politiques à tous les niveaux.

Le rapport indique comment les paiements pour les services écosystémiques (PES) peuvent engendrer une meilleure gestion du capital naturel. À
Mexico, par exemple, ce système de paiements a permis de diminuer de moitié le taux annuel de déforestation, de protéger les bassins hydrographiques et les forêts tropicales, et d'éviter l'émission de 3,2 millions de tonnes de dioxyde de carbone.

Sachant que plus de la moitié de la population mondiale vit dans des zones urbaines, les villes ont un rôle crucial à jouer dans la reconnaissance du capital naturel indispensable au maintien et à l'amélioration du bien-être de leurs habitants. Les concepts présentés par TEEB revêtent donc potentiellement une importance fondamentale. Par exemple, à Nagoya au Japon, un système de droits de construction échangeables oblige les promoteurs qui dépassent les limites imposées pour les bâtiments de grande
hauteur à compenser leur impact en achetant des zones de paysage agricole traditionnel japonais et en en assurant la conservation.

Dix conseils essentiels pour préserver la biodiversité:



L'étude TEEB se conclut par dix recommandations:

1.Il est essentiel que l'évaluation de la biodiversité donne lieu à une ample communication et responsabilisation en
matière d'impacts sur la nature.

2.Il convient d'améliorer les comptes nationaux de manière à inclure la valeur des évolutions des richesses naturelles et des flux des services écosystémiques.


3.Il y a urgence à établir des comptes physiques cohérents des stocks forestiers et des services écosystémiques.


4.Les comptes d'entreprises doivent faire apparaître les externalités telles que les dommages environnementaux.


5.L'absence de perte nette de biodiversité ou l'incidence positive nette doivent être considérées comme des pratiques commerciales normales.


6.Les principes du «pollueur-payeur» et de la «pleine récupération des coûts» constituent les lignes directrices sur lesquelles s'appuient la réorganisation des structures d'incitation et la réforme fiscale. Dans certains contextes, le principe du «bénéficiaire-payeur» peut être invoqué pour soutenir de nouvelles mesures incitatives.


7.Les gouvernements doivent tendre vers une transparence totale en matière de subventions afin d'éviter les incitations perverses.


8.L'établissement, dans le monde entier, de zones protégées gérées de façon plus globale, efficace et équitable doit se poursuivre et l'évaluation des écosystèmes peut y contribuer.


9.Le système de conservation des forêts REDD plus doit être mis en place dès que possible.


10.La dépendance des pauvres de la planète envers les services écosystémiques doit être davantage prise en considération dans les actions en faveur du développement et dans les politiques ayant un impact sur l'environnement.

Contexte:

TEEB est un projet réalisé sous l'égide du PNUE (programme des Nations Unies pour l'environnement), et financé par la Commission européenne et un certain nombre de gouvernements, dont l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, la Norvège, la Belgique et le Japon. Le projet TEEB doit permettre de formuler des arguments économiques en vue de modifier notre façon d'évaluer et de gérer les ressources naturelles. L'évaluation est considérée comme un instrument de correction de la mauvaise orientation économique qui a mené à des décisions préjudiciables au bien-être des générations actuelles et futures. L'objectif des rapports TEEB est de montrer que la biodiversité déploie ses bienfaits de manière invisible, une absence de visibilité qui a souvent contribué à détruire les richesses naturelles sur lesquelles reposent nos économies.

Pour plus d'informations:

Tous les rapports "TEEB" peuvent être consultés à l'adresse suivante: http://www.teebweb.org/
Source: Europa

Un feu d'artifice d'étoiles naissantes

Bien que l'Univers soit plein à craquer de galaxies en forme de spirale, il n'y en a pas deux exactement pareilles. Cette galaxie spirale vue de face, NGC 3982, frappe par sa richesse en naissances d'étoiles, le long de ses bras enroulés. Les bras sont bordés de régions (roses) de formation d'étoiles d'hydrogène rougeoyant, d'amas (bleus) d'étoiles récemment nées, et de bandes sombres de poussières obscurcissantes qui fournissent la matière première pour de futures générations d'étoiles. Le noyau brillant abrite une population plus âgée d'étoiles, qui se développent de plus en plus densément vers le centre.

NGC 3982.
 
NGC 3982 est située à environ 68 millions d'années-lumière dans la constellation de la Grande Ourse (Ursa Major). La galaxie s'étend sur environ 30 000 années-lumière, un tiers de la taille de notre galaxie, la Voie lactée. Cette image en couleurs se compose d'expositions prises par les instruments WFPC2 (Wide Field Planetary Camera 2), ACS (Advanced Camera for Surveys), et WFC3 (Wide Field Camera 3) du télescope spatial Hubble.

Les observations ont été réalisées entre mars 2000 et août 2009. La riche gamme de couleurs vient du fait que la galaxie a été photographiée en
lumière invisible et en proche infrarouge. Un filtre, qui isole l'émission d'hydrogène émanant des régions de formation d'étoiles parsemant les bras en spirale, a également été utilisé.
Source: Hubble News Release & Gilbert Javaux - PGJ Astronomie
Illustration:
NASA, ESA, and the Hubble Heritage Team (STScI/AURA)

Ne pas voir de forme, ne pas toucher de forme, mais entendre une forme ?

Des chercheurs de l'Institut et hôpital neurologiques de Montréal – le Neuro, de l'Université McGill de Montréal ont découvert que notre cerveau peut déterminer la forme d'un objet simplement en traitant des sons codés spécialement, sans aucun apport visuel ou tactile. Cette nouvelle recherche nous éclaire sur la plasticité du cerveau et ses façons de percevoir le monde qui nous entoure, et ouvre d'importantes nouvelles possibilités pour aider les personnes aveugles ou ayant une déficience visuelle. 

La forme est une propriété inhérente aux objets qui existe sur les plans de la vision et du toucher, mais non du son. Des chercheurs du Neuro se sont demandé s'il était possible de représenter artificiellement la forme par le son? "Le fait qu'une propriété du son, comme la fréquence, puisse servir à communiquer de l'information sur la forme semble indiquer que tant que la relation spatiale est codée de façon systématique, la forme peut être préservée et rendue accessible – même si le moyen par lequel l'espace est codé n'est pas spatial dans sa nature concrète", explique Jung-Kyong Kim, étudiant au doctorat associé au laboratoire du professeur Robert Zatorre du Neuro, et chercheur principal de l'étude.


Autrement dit, tout comme nos cousins les dauphins qui recourent à l'écholocalisation pour explorer l'océan, notre cerveau peut apprendre à reconnaître des formes représentées par le son. L'espoir est que des personnes ayant une déficience visuelle apprennent cette aptitude. Dans l'étude, des participants voyants dont les yeux étaient bandés ont appris à reconnaître de l'information spatiale tactile au moyen de sons cartographiés à partir de formes abstraites. À la suite de cet apprentissage, les personnes pouvaient jumeler des éléments auditifs et des formes discernées tactilement et manifestaient de la généralisation pour de nouvelles associations auditives-tactiles ou son-toucher.


"Nous vivons dans un monde où nous percevons les objets en utilisant de l'information provenant de multiples éléments sensoriels", dit le Pr Zatorre, neuroscientifique au Neuro et codirecteur du Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son. "D'une part, cette façon de faire donne lieu à des percepts uniques propres à des sens, comme la couleur dans la vision ou le ton dans l'ouïe; d'autre part, notre système perceptuel peut intégrer de l'information présente dans différents sens et faire naître une représentation unifiée d'un objet. Nous pouvons percevoir un objet polysensoriel comme une seule entité, car nous pouvons discerner des attributs équivalents ou points communs dans différents sens." Des études de neuro-imagerie ont identifié des régions du cerveau qui intègrent l'information provenant de différents sens – et qui combinent l'apport de tous les sens pour créer un portrait complet et d'ensemble.


Les résultats de l'étude du Neuro confortent l'hypothèse voulant que notre perception d'un objet ou d'un événement cohérent se produise fondamentalement à un niveau abstrait au-delà des modes d'apport sensoriel dans lesquels il est présenté. Cette recherche jette une nouvelle lumière importante sur la façon dont notre cerveau traite le monde et ouvre de nouvelles possibilités pour les personnes ayant une déficience sensorielle.


L'étude a été publiée dans la revue
Experimental Brain Research. La recherche a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.
Source: Université McGill. Montréal

Pénurie sur Internet: il ne reste plus que 5% d'adresses IPv4 disponibles

Selon la NRO (Number Resource Organisation), l'autorité chargée de gérer les adresses IP et de les distribuer aux fournisseurs de noms de domaine, il ne reste aujourd'hui plus que 5% des adresses IPv4 disponibles, contre 10% en janvier dernier. La pénurie des adresses IP semble donc se concrétiser pour les prochains mois, à moins que les fournisseurs ne passent rapidement et massivement sous la norme IPv6.

Cartographie des communications Internet visualisée dans le logiciel Arc Map développé par Stephen G. Eick des Laboratoires Bell-Lucent technologies.
L'Internet Protocol version 4 (IPv4) est la première version d'IP à avoir été largement déployée, et forme encore aujourd'hui la base de l'Internet. Rappelons qu'une adresse IP est obligatoire pour pouvoir se connecter sur le réseau mondial, il s'agit ni plus ni moins de l'adresse réseau de la machine connectée sur Internet, lui permettant d'envoyer et de recevoir des informations. IPv4 utilise une adresse IP sur un format 32 bits, ce qui est un facteur limitant à l'expansion d'Internet puisque seulement un peu plus de 4 milliards (2^32) adresses sont possibles.

L'épuisement des adresses IPv4 a conduit au développement d'une nouvelle version d'IP, l'IPv6, et à la transition d'IPv4 vers IPv6, actuellement en cours de déploiement, qui doit progressivement la remplacer. L'IPv6 code les adresses IP sur un format 128 bits, soit environ 3.4×10^38 adresses, de quoi connecter largement toutes les cellules d'êtres vivants présents sur Terre.


Le manque d'adresses IPv4 est pour l'instant contourné grâce à l'utilisation de techniques de traduction d'adresses (NAT) ainsi que par l'adoption du système CIDR. Mais ces techniques ne peuvent que repousser l'échéance, avec des procédés permettant, entre autres, de connecter plusieurs machines sur Internet en partageant une même adresse IP.



La NRO se veut alarmiste, et met en garde les acteurs de l'industrie de l'Internet contre la pénurie d'adresse IPv4, les incitant à passer au plus vite sous la norme IPv6, un investissement que les opérateurs ont longtemps tardé à mettre en œuvre. Si le déploiement de l'IPv6 n'est pas suffisant dans les prochains mois, la NRO promet des problèmes dans le fonctionnement d'Internet. 

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